Même si Paulette pressentait que l’événement se préparait elle ne fut jamais mise au courant de l’arrivée du grand père Fernand . Elle vit bien sûr que ses parents déménageaient leur chambre à l’étage et que d’autres meubles garnissaient leur ancienne chambre . Elle ne fut donc qu’à moitié surprise lorsque Yvonne lui annonça que pépère serait là tous les jours et dormirait chez eux . Fernand était un vieillard à la haute stature et au visage sévère . Sa moustache fièrement relevée sur les côtés , en guidon de vélo , fascinait Paulette . Il parlait de façon autoritaire et sa voix était sèche . C’était , d’après la grand mère maternelle , le seul être capable de faire peur à Yvonne . En fait , dès son arrivée , un grand portrait de lui fut installé sur le buffet de la salle à manger , bientôt flanqué de part et d’autre des portraits de Josiane ( la cousine ) et de Paulette en communiantes . Pour fêter dignement cette arrivée , demi-frère chéri et sa femme avaient été invités à déjeuner . Yvonne s’était régalée de confectionner six tartes : à la crème , aux pommes et aux pruneaux . Il y avait aussi l’incontournable moka : un biscuit de Savoie garni artistiquement de crème au beurre , la grande spécialité de Yvonne . Le repas terminé , les messieurs étaient sortis faire une partie de boules en bois , la pétanque du Nord . Les dames papotaient tout en faisant la vaisselle et Paulette , que l’on avait priée de ne pas se retrouver dans les jambes des grandes personnes , avait trouvé refuge en claudiquant à cause du plâtre , dans un des petits fauteuils de la salle à manger où elle pensait pouvoir rêver tout à son aise. Elle fut tirée de ses pensées par la venue de Yvonne et de Paulette , la femme de Francis, qui ,tout à leur conversation , ne l’avaient pas vue . Elles venaient ranger la vaisselle dans le buffet et elles en vinrent à regarder les photos . « Comme elle est belle » s’extasiait Paulette2 devant le portrait de Josiane « Par contre , désolée Yvonne mais votre Paulette1 n’est vraiment pas jolie !
_ Oh ! je ne le sais que trop mais que veux-tu , malgré tout c’est la mienne , il faut donc que je l’installe , sinon Victor ne me le pardonnerait pas ! » et sur ces bonnes paroles elles sortirent de la pièce sans avoir vu Paulette1 et les grosses larmes qui roulaient silencieusement sur ses joues .
Ragnagna 11/07/2012
poupougnette 11/07/2012
monica et la mer 11/07/2012
Diem 11/07/2012
Valérie { Atelier rue verte } 11/07/2012
Armelle 11/07/2012
Marie-anne 11/07/2012
Nad 11/07/2012